L'urbanisation transforme en profondeur le climat local des villes, en réduisant l'évapotranspiration et en augmentant l'absorption de chaleur des surfaces bâties. En Gambie, cette dynamique est particulièrement visible dans l'agglomération Serrekunda-Banjul, sur l'axe reliant la capitale Banjul aux villes de Serrekunda, Fajara et Bakau. Une étude vient d'en documenter précisément l'ampleur sur quarante ans, entre 1985 et 2025.
À partir d'images satellites Landsat (capteurs TM puis OLI/TIRS), les auteurs ont reconstitué l'évolution de l'occupation du sol et des températures de surface sur trois dates : 1985, 2005 et 2025. Les surfaces bâties ont connu une croissance spectaculaire, passant d'un peu plus de 1000 hectares en 1985 à environ 3000 hectares en 2025. on note une multiplication par près de trois, principalement aux dépens de la végétation terrestre et, de façon plus contrastée, de la mangrove.
Cette artificialisation s'est traduite par une intensification des îlots de chaleur urbains : les surfaces bâties de villes comme Serrekunda, Banjul, Bakau et Fajara affichent aujourd'hui les températures de surface les plus élevées et les niveaux de stress thermique les plus marqués de toute la zone d'étude. À l'inverse, les plans d'eau et surtout la mangrove, située au cœur de l'agglomération, se distinguent par des températures nettement plus basses, confirmant leur rôle de régulateur thermique naturel à l'échelle locale.
Les auteurs concluent que la conversion des espaces naturels en zones bâties est le principal moteur de ce réchauffement urbain, et appellent à repenser l'aménagement des villes ouest-africaines en intégrant davantage d'éléments naturels ( parcs, espaces verts, étangs) pour limiter l'inconfort thermique croissant que subissent leurs habitants.
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